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Film : Cloud Atlas

by Cordélia

Bonjour, bonsoir,

Je tenais à vous présenter l’un de mes films préférés, à savoir Cloud Atlas. Et non, ce n’est pas seulement parce qu’il y a Ben Whishaw dedans ! Mais il est vrai que j’ai découvert ce film grâce à lui. C’est un film de science-fiction germano-américain sorti en 2012 écrit, produit et réalisé par Andy et Lana Wachowski et Tom Tykwer comme le dit si bien notre ami Wikipédia. Il est en fait l’adaptation d’un roman de David Mitchell : Cartographie des nuages (Cloud Altas) paru en 2004.

Il faut savoir que c’est un film qui nécessite plusieurs visionnages si on n’a pas lu le livre auparavant et qu’il est très long (presque 3h). Personnellement, j’ai vu le film une première fois après m’être préalablement renseignée sur les différentes histoires, j’ai beaucoup aimé, mais c’est réellement au second visionnage que j’ai tout compris. Et la lecture du livre n’a fait que confirmer mon goût pour cette histoire.

En effet, le synopsis est vraiment particulier et un poil complexe, mais c’est ce qui fait toute la beauté et la portée de l’histoire. J’avoue que c’est quand même un peu longuet et que sur la fin, on a hâte que ça se termine parce que ça commence à faire longtemps qu’on est dans le canapé, mais c’est une conséquence du concept. Je trouve que l’équipe du film s’en tire quand même remarquablement. Mais vous ne devez pas comprendre grand chose, alors j’explique. En fait, il n’y a pas une, mais six histoires différentes se déroulant à des époques différentes. Et le tout se déroule en même temps, donc on saute d’histoire en histoire tout le long du film. Le plus compliqué est d’identifier les histoires et les époques. Après il suffit de se laisser porter. Les personnages des différentes histoires sont interprétés par les mêmes acteurs, bien qu’ils soient tous complètement transformés au point d’être méconnaissables. Un exemple avec Hugo Weaving.

Hugo Weaving dans Cloud Atlas transformation

Le truc c’est que chaque histoire influe sur la suivante. Et le fait que les personnages des différentes époques soient interprétés par les mêmes acteurs introduit le thème de la réincarnation. Ce sont des âmes liées à travers les temps, destinées à se croiser indéfiniment et à influer les unes sur les autres. L’idée véhiculée est que c’est à travers nos actes et nos choix qu’on construit son propre futur. L’effet papillon, un de mes thèmes préférés. Vous trouverez tout un tas d’interprétations de ces histoires sur internet, n’hésitez pas à aller y jeter un œil.

Ensuite, le film aborde tout un tas de thématiques très intéressantes. ça fait peut-être un peu illuminé pseudo-borderline, mais bon… c’est pas très grave. Moi j’aime bien. C’est l’histoire de l’humanité qui est retracé, avec une vision très pessimiste. C’est l’humanité qui refait les mêmes erreurs, encore et encore sans jamais rien retenir de son passé. L’amour, la condition humaine, la mort, la liberté, tout ça est abordé d’une manière ou d’une autre. On comprendra pourquoi j’aime autant.

Bref, si vous comptez regarder ce film (ou le re-regarder après un premier visionnage qui vous a laissé perplexe… ce qui ne serait pas étonnant), il faut mieux être briefé sur les différentes histoires, ce que je vais m’efforcer de faire de la manière la plus claire possible. Ce sera aussi l’occasion de parler des acteurs.

Première histoire. 1849. Adam Ewing (Jim Sturgess) est un jeune juriste cultivé bien comme il faut et il voyage sur un navire pour rallier San Francisco où il doit retrouver son épouse chérie Tilda (Doona Bae). Il se trouve qu’il est malade lors de la traversée et mis en quarantaine par le Dr Goose (Tom Hanks) dans la cale du bateau où il fait la connaissance d’un clandestin, un esclave auto-affranchi (David Gyasi). Celui-ci lui demande de lui venir en aide et de ne pas le dénoncer. Pour les fans, sachez qu’on retrouve à la fin Hugh Grant dans le rôle du beau-papa.

Deuxième histoire. 1936. On comprendra tout de suite pourquoi c’est ma préféréeRobert Frobisher est un jeune compositeur bisexuel interprété par Ben Whishaw. Au début, on le voit quitter son amant Rufus Sixsmith (James D’Arcy) pour aller se mettre au service d’un de ses compositeurs préférés : Vyvyan Ayrs (Jim Broadbent). Il se trouve que ce vieil homme ne parvient plus à écrire et qu’il a besoin d’un copiste. Robert-chéri se retrouve donc à retranscrire toutes les mélodies du vieux et à faire les arrangements. En même temps, il écrit des lettres à son amant et compose sa propre œuvre : la cartographie des nuages. On notera que tout au long de l’histoire, il lit le récit de la traversée de… Adam Ewing ! (oui oui, le mec de l’histoire précédente…) L’histoire de Robert est à mon avis l’une des plus tragiques du film et vraiment touchante. En même temps, c’est aussi celle qui me parle le plus et où je m’identifie le mieux, ceci explique cela.

Troisième histoire. 1973. A mon sens, c’est peut-être celle qui est la moins marquante et la plus floue. Luisa Rey (Halle Berry), journaliste, croise la route de Rufus Sixsmith (déjà rencontré dans l’histoire avec Robert le compositeur) devenu physicien. Ce dernier essaye de lui faire comprendre qu’il est au coeur d’un scandale concernant la sécurité des centrales nucléaires, mais est assassiné avant d’avoir pu donner des preuves à Luisa. Elle mène donc l’enquête et rencontre Isaac Sachs (Tom Hanks) qui lui fournit des dossiers secret défense pour qu’elle dévoile tout au monde entier. Sauf qu’évidemment, rien ne se passe comme prévu. Au cours de l’histoire, Luisa découvre les lettres que Robert Frobisher avait écrit à Rufus et se met à la recherche d’un enregistrement de sa Cartographie des Nuages.

Quatrième histoire, 2012, notre époque ! L’histoire la plus rafraîchissante et amusante. Quand le reste est assez plombant, on se retrouve avec L’Épouvantable Calvaire de Timothy Cavendish ! On retrouve notre Jim Broadbent de l’histoire de Robert Frobisher dans le rôle de l’attendrissant éditeur Timothy Cavendish. Cet homme connaît un grand succès après qu’un de ses auteurs ait tué un critique littéraire lors d’une réception. Une fois au taule, on comprend pourquoi l’éditeur rafle toute la mise. Sauf que les copains de son client (en prison) se ramènent et réclament la part du gâteau de l’auteur ! Timothy n’a pas les moyens de payer et s’en va supplier son frère (Hugh Grant vieilli, ça vaut le détour) de l’aider. Ce dernier l’envoie se réfugier dans un hôtel… qui se trouve être une maison de retraite où le pauvre Timothy se retrouve enfermé ! Donc voilà, c’est l’histoire de ce pauvre vieux qui n’a rien demandé à personne et qui refuse d’être interné. Résultat il planifie avec ses amis des plans d’évasion tout ça… Fort distrayant !

Et en passant, j’ai une amie qui a écrit un texte qui, je trouve, est dans cette veine. Elle ne connait pas Cloud Altas, mais moi ça m’y a fait penser, alors je vous le conseille : La république du 3e étage.

Cinquième histoire, 2144, futur dystopique comme on les aime. Ma seconde histoire préférée de Cloud Atlas. ça se passe en Corée, ou du moins ce qu’elle est devenue. La Corpocratie fait régner une idéologie appelée l’Unanimité. Tout commence avec l’entretien d’un archiviste et du personnage principal : une clone, Sonmi-451 (Doona Bae), après ce qu’on comprend être son arrestation. Elle travaillait dans une cafétéria comme les autres clones et il se trouve qu’elle a fait la connaissance d’un rebelle Hae-Joo Chang (Jim Sturgess) qui va lui ouvrir les yeux sur le monde qui l’entoure. Et ils vont tomber amoureux tout ça… Dans le livre, l’histoire est bien plus compliqué que ça et l’aspect politique est très développé, mais heureusement ils sont restés simples dans le film. Sonmi-451 finit par devenir la figure de proue de la rébellion et diffuse son message à travers l’espace avant d’être arrêtée. On remarquera que les deux amoureux sont interprétés par les mêmes acteurs que dans la première histoire où ils étaient mari et femme ! Et le film qu’ils regardent tous les deux est une adaptation ciné du livre qu’écrit Timothy dans l’histoire précédente ! J’adore cette histoire de clones, cette révélation métaphysique et toute l’ambiance de ce futur.

Sixième et dernière histoire, 106 après la chute, à savoir l’apocalypse. Futur post-apo. Alors là, c’est particulier. Le plus chelou, c’est la langue… Ils ont voulu faire une sorte de perte du langue après l’apocalypse, c’est le cas dans le roman mais à l’oral c’est vraiment étrange. Surtout en français. Comme je regarde mes films en VOSTFR, j’ai pas ce problème, mais pour l’avoir regardé en français une fois… bref faut s’accrocher pour comprendre ce qu’ils baragouinent. En plus le perso principal est en proie à des hallucinations bien flippantes, ce qui rajoute de la crème dans la soupe.

Pourtant l’histoire est cool. Il y a des méchants cannibales (renvoi à la première scène de la première histoire où Adam trouve des dents laissées par des cannibales), des hommes revenus à l’état sauvage après la chute, tout ça… C’est la rencontre entre un homme de la tribu peu avancée : Zachry (Tom Hanks) et une femme, Meronym (Halle Berry), de la dernière tribu d’hommes possédant la technologie et le savoir. Le but de Meronym est d’envoyer un appel aux éventuelles colonies extraterrestres pour que des hommes survivants viennent les chercher et les tirer de ce monde devenu hostile. On retrouve le souvenir de l’oraison de Sonmi (histoire 5) à travers le culte de la tribu de Zachry. Et Zachry a aussi des réminiscences de ses vies antérieures, bref c’est l’apothéose. Et on retrouve le couple de l’histoire 3 avec les acteurs.

Voilà, j’ai terminé. Personnellement, c’est tout à fait le genre de film qui me fait réfléchir, avec plein de belles phrases à quoter partout et source d’inspiration. D’ailleurs j’ai écrit quelque chose dans ce style : Vies inachevées. Le rendu général est peut-être un peu pédant sur les bords dans le genre prophétie d’illuminés, j’admets qu’il faut aimer les fins ouvertes et poétiques, mais bref, moi je suis totalement fan. Le film a ses faiblesses, du point de vue de la compréhension générale en grande partie, mais ça n’empêche pas d’apprécier si on veut bien faire un effort. Les Inrocks parlaient d’un « film mutant« … eh bien c’est tout à fait approprié.

Pour aller plus loin, je vous conseille l’après-séance du Fossoyeur de films.

Ben Whishaw girl Cloud Atlas

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11 comments

Fabien 5 mars 2015 - 23h 16

J’ai bien aimé ce film moi aussi :) comme tu dis, il y a de belles pensées par endroits.

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Mes 7 films cultes EVER • La vie de Cordélia 13 novembre 2014 - 7h 59

[…] Je termine avec un film qui a – je le reconnais – quelques faiblesses et est difficilement compréhensible… mais qui m’a énormément marqué et que je re-regarde avec plaisir (et pas seulement parce qu’à un moment, on voit les fesses de Ben Whishaw). C’est une histoire basée en quelque sorte sur la réincarnation des âmes et le fameux « rien n’arrive jamais pas hasard » autrement dit deux de mes thèmes chouchous. On suit six histoires à six époques différentes en même temps, avec les mêmes acteurs. Et les actes du passé ont des conséquences sur le futur, c’est une sorte d’effet papillon. Et je trouve ça tellement cool… J’adore les histoires de Robert, joué par Ben Whishaw, le compositeur et aussi celle de Sonmi dans le futur dystopique. C’est vraiment un film à voir si vous voulez mon avis. J’ai écrit un long article sur ce film, je vous invite à aller y jeter un œil si ça vous intéresse : Film – Cloud Atlas. […]

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La cartographie des nuages | Jeblo 28 septembre 2014 - 7h 25

[…] dernière et qui me fait encore plus envie depuis que j’en ai lu la chronique sur le blog de Mlle Cordélia. Et après moult et moult fois où j’ai dû repousser le moment où je verrais finalement ce […]

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Norya 28 janvier 2014 - 16h 55

Oooooh, tu as parlé de mon histoire avec mes p’tits retraités ! C’est super gentil, dis donc, merci !
Faudra que je vois ce film, pour voir l’histoire à laquelle ma nouvelle t’a fait penser^^

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Mademoiselle Cordélia 28 janvier 2014 - 17h 01

Eh voui tant qu’à faire, je t’ai fait un petit lien x) Regarde le film, tu verras c’est cool !

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Didi 20 janvier 2014 - 13h 47

Je note pour le regarder ! Je ne connaissais pas !

Reply
Mademoiselle Cordélia 20 janvier 2014 - 13h 49

Je t’en prie, j’espère que ça te plaira ^^

Reply
LaLouisaBlack 19 janvier 2014 - 20h 23

Toi c’est peut-être Ben Whishaw qui te fait plonger dans un film… Moi c’est Tom Hanks. Aller vla, un film de plus à regarder ! :P

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Mademoiselle Cordélia 23 janvier 2014 - 15h 27

chacun son préféré ! Faut pas trop se battre x)

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