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Films LGBT : Tomboy et Romeos

by Cordélia

Bonjour, bonjour,

Cela fait un moment déjà que j’ai regardé Romeos, un film allemand sur un transexuel (FtM, Female to Male) et hier j’ai regardé Tomboy, ce film dont tout le monde parle ces derniers temps et qui crée la polémique parce qu’il va « pervertir les enfants qui le voient dans les écoles« . Parce que ce film est montré à l’école. Et pour moi, c’est bien. Je choisis de parler de ceux deux films en même temps parce que je trouve qu’ils se suivent en quelque sorte. On a l’enfance et l’adolescence (ou un peu après). Mais d’abord je vais vous présenter les deux films, au cas où vous ne les connaissez pas, même si je doute que Tomboy vous soit inconnu vu le tapage médiatique actuel.

Désolé, je n’ai trouvé la BA qu’en allemand sur youtube. Parce que voilà, c’est un film allemand, personnellement je l’ai regardé avec sous-titre anglais parce que des fois j’ai un peu de mal avec l’allemand. Après en cherchant bien, on doit pouvoir trouver avec du français, je n’en sais trop rien. Comme ça ne me dérangeait pas, j’ai pas cherché plus loin. Mais en regardant sur internet, je vois qu’il est sorti en France sous-titré en septembre 2013. Bref, cherchez.

Donc, film allemand, sorti en 2011, à la fois une comédie et un drame, réalisé par Sabine Bernardi. A l’affiche, des acteurs allemands qui ne vous diront pas grand chose, mais je les cite quand même : Rick Okon dans le rôle principal autrement dit Lukas, Maximilian Befort pour Fabio, le crush de Lukas et Liv Lisa Fries pour Ine, la meilleure amie de Lukas. Maintenant le synopsis :

Lukas vient d’avoir 20 ans. Il commence son service civil en même temps que sa meilleure amie Ine. Face aux autres, il tente de préserver son secret – Lukas est transgenre, une fille devenue garçon. Plein d’enthousiasme pour la vie, il commence à fréquenter la scène gay de Cologne où il rencontre le séduisant Fabio, un jeune homme effronté, téméraire et sûr de lui. Tout ce que Lukas aimerait être. Une véritable attraction nait entre les deux garçons, mais leur histoire pourra-t-elle résister au secret de l’identité de Lukas ?

Maintenant parlons brièvement de Tomboy (au cas où vous viviez reclus au fin-fond de la Creuse…

Tomboy, film français (cocorico), sorti en 2011, réalisé par Céline Sciamma, connue pour avoir réalisé un certain nombre de films sur des thèmes LGBT (la Naissance des pieuvres par exemple). Avec la toute jeune Zoé Héran dans le rôle de Michael/Laure, la petite Malonn Lévana pour sa sœur Jeanne, Jeanne Disson dans le rôle de Lisa, la copine de Michael, Sophie Cattani pour la maman et Mathieu Demy pour le papa. Le film a remporté le prix du public au Panorama du cinéma européen de Meyzieu en 2011.

Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret.

Alors je ne comprends pas comment et pourquoi on peut boycotter ce film, voire même le censurer. C’est l’un des films les plus adorables que je n’ai jamais vu. Laure est une petite fille et elle décide pour les vacances de se faire passer pour un garçon, parce qu’elle est plus à l’aise comme ça. Où est le problème ? Je ne le vois pas. On voit peut-être les prémices des réflexions de Laure sur son identité de genre, mais elle est encore un peu jeune pour tout savoir de la vie. C’est une expérience et finalement elle se retrouve entraînée là-dedans et ne peut plus revenir en arrière. Elle tombe amoureuse d’une autre fille, qui pense donc qu’elle est un garçon, oui. Là, les conservateurs intégristes hurlent, mais qu’ils hurlent. C’est mignon, ce sont des enfants. On se met à la place de Laure/Michael et on la comprend, enfin moi je la comprends. D’un côté ça me met mal à l’aise parce que j’imagine ce que sera sa vie par la suite (j’y reviendrai avec Romeos), mais de l’autre, c’est juste une histoire. Et que de soit l’amourette d’été ponctuée de bisous mouillés de deux petites filles ou un petit garçon et une fille ne change pas grand chose.

Je trouve qu’il est important que les enfants voient ce film. Parce qu’il enseigne la tolérance et montre aussi qu’une fille, ce n’est pas bien différent d’un garçon, surtout à cet âge. Il y a juste le moment où il rembourre un peu son maillot de bain et… j’ai trouvé ça adorable et touchant. Parce que c’est son secret. Et après, quand sa mère le découvre, elle la gifle. J’étais super triste. Mais après, on voit qu’elle s’en fiche au fond que sa fille se fasse passer pour un garçon, le seul problème : c’est ce que les gens vont penser. Parce qu’au final, le problème est souvent là : chez les autres. Si on vivait tout seul chez nous, peu importerait qu’on aime les filles, les garçons, les filles et les garçons, qu’on soit une fille ou un garçon. C’est le monde extérieur qui fait peur et qui conduit à l’intolérance. Et j’ai aimé que le père et la petite sœur se fichent complètement de cette histoire. Le père a une très bonne attitude, il rassure sa fille, lui dit que ce n’est pas grave.

On voit aussi la cruauté des autres enfants quand ils découvrent la vérité. C’est triste, j’ai été très mal à l’aise, mais voilà, c’est aussi ça la vie. Faire face à ce rejet et c’est important de le montrer. Parce que peut-être l’enfant qui voit ce film va se dire « oh, ce que font les autres garçons quand il découvre que Michael est une fille, c’est méchant, moi je ne ferais jamais pareil« . Et on voit aussi que même Lisa, la « petite copine » de Michael, même si ça la perturbe parce qu’elle n’a jamais été dans une situation pareille, elle est plus mal à l’aise pour Michael/Laure que dégoûtée. C’est normal, l’inconnu fait peur, mais cela ne veut pas dire qu’il faut rester dans l’ignorance et dans cette peur. Lisa est réticente à « vérifier » pour les autres garçons et aurait préféré passer au-delà de ça. Je suis persuadée que si elles n’avaient été que toutes les deux, ça n’aurait rien changé et elles auraient continués à se faire des bisous. Même si Michael s’appelle Laure. Et tout à la fin, quand Lise revient vers Laure et lui demande son prénom de fille, on comprend qu’elle s’en fiche de toute cette histoire. Qu’elle s’appelle Laure ou Michael, qu’elle soit une fille ou un garçon, ça n’est pas important. Parce qu’il a de l’amitié et cet amour d’enfant. C’est un très beau message de fin.

Les gens qui refusent que ce film soit diffusé n’ont rien compris ni au film, ni à la vie. Evidemment, ils sont libres de choisir ce que leurs enfants regardent, mais je trouve ça tellement dommage de rejeter un si beau film juste parce qu’on s’est monté le chou sur le « théorie du genre« . Comme si en voyant ce film, leurs filles allaient choisi de devenir des garçons et inversement. Au contraire, ça leur apprend à être tolérant quand ce genre de situation se présente. Et peut-être quand dans quelques rares cas, cela aidera certains enfants qui ressentent déjà ce mal-être dans leur corps et qui ont l’impression que leur « zizi va pousser dans la nuit » ou « tomber comme une dent de lait », de formuler un peu leur sentiment. Pour qu’ils soient pris en charge et aidés comme il faut.

C’est comme pour les livres, les films LGBT ne créent pas des LGBT. Avec ou sans livre, avec ou sans film, ils seront quand même homo, bi ou trans. Ce n’est pas en cachant la réalité que tout va s’effacer comme par magie. C’est comme le père de la Belle au Bois Dormant qui fait brûler tous les rouets du royaume pour que sa fille ne se pique pas et ne soit pas plongée dans le sommeil éternel, or ça arrive quand même. Attention, je ne compare pas l’homo-bi-trans-sexualité à la mort, c’est juste une image.

On ne sait pas vraiment qui Laure deviendra et si un jour, elle deviendra Michael. Peut-être que c’était pour elle juste un jeu de vacances ? Peut-être qu’elle aimera les filles ? Les filles et les garçons ? Peut-être qu’elle voudra devenir un garçon, parce que c’est ce qu’elle est depuis toujours ? Peut-être qu’elle ne se revendiquera d’aucun sexe et refusera la binarité homme/femme ? On n’en sait rien. Mais oui, peut-être que cette petite fille est en fait un garçon, même si elle ne s’en rend pas totalement compte. C’est là qu’intervient le deuxième film dont je souhaite parler : Romeos.

Dans ma tête, on peut imaginer la suite de Tomboy comme ça. Laure qui découvre qu’elle est en fait un trans FtM (Female to Male, fille vers garçon) et décide d’entamer une transition (le processus pour changer de sexe). Pour le coup, ce film m’a fait pleurer. Pour plusieurs raisons. D’abord parce que ça me touchait personnellement et que j’y pu reconnaître dans certains détails quelqu’un que j’estime beaucoup. Ensuite parce que l’histoire est triste, surtout au début. Lukas est touchant, j’ai passé mon temps à compatir pour lui, à être émue par la force qu’il démontre en supportant et surmontant toutes les épreuves qui se dressent devant lui.

Au tout début, Lukas arrive donc dans un genre de résidence pour jeunes. Le problème, c’est qu’il est installé chez les filles. Parce qu’il n’est malheureusement pas encore reconnu par la loi en tant que garçon, il n’est opéré ni de la poitrine, ni sous la ceinture. Donc aux yeux de l’administration, il est une fille. Il arrive à faire passer ça pour une erreur, il y a une femme qui l’aide dans ses démarches pour aller chez les garçons, mais bref c’est le contexte.

Ce que j’ai aimé, c’est que ce film est à la fois une histoire d’amour et le combat quotidien (car c’est une forme de combat) de Lukas pour que personne ne découvre la vérité. Parce que les trans sont encore mal acceptés et qu’il ne veut pas de problème. Et parce qu’il est un garçon, et il s’en fiche de la fille qu’il a pu être être. I est un mec et veut être reconnu en tant que tel. Même s’il a encore des seins.

On le voit se muscler, observer sa barbe naissante, se regarder 10 000 fois dans le miroir pour être sûr que sa poitrine n’apparaît pas. On est mal à l’aise avec lui quand il doit aller aux toilettes, quand on l’invite à aller se baigner dans le lac, quand ses parents viennent le voir et parle de lui au féminin avec son ancien prénom et que sa petite sœur se met à brailler devant le mec dont il est amoureux « Lukaaaas est une fiiiillle, Lukaaaaas est une fiiiiiile ! ». J’ai rarement été autant émue par un film et il m’a fait prendre conscience d’un tas de choses sur la condition des trans et les difficultés qu’ils peuvent rencontrer. Je sais que je ne comprendrais sans doute jamais totalement, mais je ne veux pas rester dans l’ignorance pour autant. Surtout des personnes de mon entourage vivent cela au quotidien.

Ce que j’aime aussi dans ce film, c’est que malgré les difficultés, les moments gênants, la trouille, Lukas s’affirme, vit et aime. La fin est magnifique. Tout au long du film, on voit évoluer sa relation avec Fabio, l’homo assumé sexy, coureur et séducteur. On voit le moment où il découvre le passé de Lukas, on voit les moments de rejet à cause de ça… et puis finalement il passe au-delà, parce que ce qu’il y a entre eux en vaut la peine. Fabio essaye alors de revenir vers Lukas, avec une maladresse incroyable, mais touchante. Parce que c’est nouveau pour lui et qu’il ne sait pas bien comment agir. Et il a aussi peur que les autres le découvrent. Parce que comme je l’ai déjà dit : le problème c’est toujours les autres. J’aime ce film parce qu’il est optimiste. Et j’aime quand tout est bien qui fini bien.

J’ai vu la fin comme un beau message. L’amour, ou même simplement le début de l’amour qui n’en est pas encore vraiment, ça va au-delà des apparences, de ce qu’on a dans le pantalon et de ce que pensent les autres. Ou du moins… ça devrait. Et dans à la toute fin, on voit Lukas à la plage, sourire à la caméra et retirer son t-shirt, dévoilant son torse enfin opéré, moi j’ai pleuré parce que j’étais heureuse pour lui. On ne sait pas si avec Fabio, ça dure, mais on s’en fiche, c’est pas ça le plus important dans l’histoire. Même si c’est vrai qu’ils sont mignons.

Bref, il y a Tomboy, mais il y a aussi Romeos et je trouve que ce sont deux beaux films. Je vous conseille de les regarder, et vous me direz votre avis ;)

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9 comments

101minutesavecAna 27 février 2014 - 20h 23

J’étais déjà intéressée pour voir ces deux films… Et tu as achevé de me convaincre.
On va éviter de les regarder avec Chérichéri, qui n’aime pas trop ce genre de films, mais je le ferai.
Et tu as regardé La Vie d’Adèle ? J’en ai beaucoup entendu parler, mais les avis se contredisent et du coup, je ne sais pas vraiment quoi penser…

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Mademoiselle Cordélia 27 février 2014 - 22h 46

Tant mieux alors ! Regarde-les ils valent le coup. Et non je n’ai pas encore vu la Vie d’Adèle, j’ai eu bcp d’avis contradictoires et les lesbiennes que je connaisse l’ont détesté xD Mais je pense que je me trouverais bien 3h *dead* pour le regarder…

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Carolyne TeeGee 22 février 2014 - 21h 08

Aucun rapport avec les deux précédents mais sinon j’aime assez « Transamerica » et « Hedwig and the angry inch »…et puis bien sûr le cultissime « The Rocky horror picture show » (à voir en « situation » au studio Galande dans le 5ème, vu que tu es à Paris) :)

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Cordélia 4 mars 2014 - 18h 48

Hum je ne connais pas du tout ^^

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mokamilla 22 février 2014 - 16h 25

J’ai beaucoup aimé Tomboy et je vais donc m’empresser de trouver Roméos.

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Mademoiselle Cordélia 22 février 2014 - 16h 28

Bonne chance parce qu’il est pas évident à trouver sur internet x) mais il faut le détour !

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mokamilla 22 février 2014 - 16h 33

Merci !

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AgatheK 22 février 2014 - 11h 23

Perso, quand j’ai vu Tomboy, j’ai été un peu déçue. Je crois qu’avec tout le tapage médiatique, aussi bien pro qu’anti, mes attentes par rapport à ce film ont été faussées. Je m’attendais à quelque chose de plus, hum… pas militant, mais au message plus marqué.
C’est surtout la fin, en fait, lorsqu les deux petites filles se retrouvent exactement sous le même arbre qu’au début et que la même question revient : « Comment tu t’appelle? ». Le fait que cette fois l’héroïne réponde Laure m’a laissé une impression de « Moralité : mentir c’est mal, rentre dans le rang, et tais-toi. »
Mais on peut aussi se dire, comme tu le soulignes, que simplement Lisa s’en fiche et ne lui en veut pas. Et comme tu le dis aussi, on ignore totalement ce que deviendra Laure ensuite ; tout est possible.
Du coup, j’ai encore moins compris la fronde des anti par rapport à ce film. Soit ils ne l’ont simplement pas vu (et c’est certainement le cas de beaucoup de gens ayant répondu à l’appel de Civitas pour faire pression sur Arte), soit ils sont encore plus stupide que je ne l’imaginais.

Quant à Romeos, je ne connaissais pas du tout, il faudra que j’essaye de le trouver.

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Mademoiselle Cordélia 22 février 2014 - 11h 32

Oui moi je savais que ce film était « tout mignon », j’en avais entendu parler par des amis. C’est pas aussi militant que ça en a l’air, c’est vraiment n’importe quoi le tapage médiatique autour de ce simple film O.o En plus c’est un vieux film, ça fait 3 ans quoi, c’est un peu du gros délire pour pas grand chose.
Pour le côté « mentir c’est mal » bah je pense que c’est aussi parce que c’est des enfants et Laure est encore un peu jeune, on sait trop peu de choses sur elle pour pouvoir savoir si c’est « mentir » ou pas. Enfin c’est mon avis.

A côté, Romeos est beaucoup plus « militant » pour le coup, mais c’est aussi pour les adultes ^^

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