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Être édité ou ne pas être ?

by Cordélia

Bonjour à tous et à toutes

Depuis le début de l’année, les éditions La Matière Noire et leur magazine Short Stories Etc. ont édité deux de mes nouvelles : S.A.C.H.A. et Un amour de libraire. Bientôt, le recueil de nouvelles Bleu Horizon sortira en format papier et numérique, avec ma nouvelle Lawrence à l’intérieur. Bien entendu, j’en suis ravie et ce dépucelage éditorial me rend extraordinairement fière. Néanmoins, cet événement me pousse à me poser de nombreuses questions. Un écrivain, c’est quoi ? A partir de quel moment peut-on se vanter d’être écrivain ? J’avais demandé leur avis à de nombreux écrivains dans cet article et il en était ressorti que l’édition n’était qu’une étape au milieu d’un parcours et qu’elle n’était même pas obligatoire. Alors voilà : faut-il être édité ou pas ? Faut-il chercher à tout prix le contrat d’édition ? Quels sont les pièges à éviter ? Quand est-ce qu’il vaut mieux choisir l’auto-édition ?

Je vais essayer de réaliser une synthèse de toutes ces questions qu’on se pose et d’y répondre le plus simplement possible. Parce qu’il faut avoir conscience que parfois, il vaut mieux ne pas être édité du tout plutôt que de se plier aux exigences des pseudo-éditeurs aux pratiques peu scrupuleuses.

Le parcours éditorial d’un Bisounours

être édité bisounours

Dans le monde merveilleux des Bisounours, vous envoyez votre roman à une grosse maison d’édition style Gallimard. Six mois plus tard (oui, je vais garder les délais réels parce que même chez les Bisounours, il faut être patient), un type de chez Gallimard vous appelle et vous donne réponse positive. C’est merveilleux !  Ce mec va éditer votre bébé, vous faire signer un contrat à compte d’éditeur et va même vous donner un à-valoir !

L’à-valoir, c’est une avance sur les ventes, ça fait partie du contrat d’édition. Les toutes petites maisons d’édition ont parfois du mal à en faire, mais techniquement, vous avez le droit d’en demander un pour votre roman ainsi que de négocier son montant. Mais comme nous sommes dans le monde des Bisounours, vous aurez forcément un à-valoir !

Votre éditeur va vous envoyer des corrections, vous allez parfois suivre son avis, parfois vous allez devoir négocier avec lui. Tout va bien se passer et à la fin, votre roman partira se faire imprimer. Il sera beau comme un camion tout neuf. Vous n’aurez rien à payer, juste à regarder et un jour, votre roman sera distribué dans toutes les librairies et sur un petit présentoir à la Fnac. Votre éditeur vous trouvera des endroits où faire votre promo, il vous fera même passer à la radio grâce à un de ses potes d’enfance sous-directeur chez France Culture. Vous ferez des dédicaces et il y aura la queue comme pour la venue des acteurs de Game of Thrones. A la fin de l’année, votre éditeur vous donnera vos chiffres de ventes et vous payera justement en conséquence. Comme vous aurez écrit un best-seller, vous pourrez arrêter votre travail et vous concentrer sur l’écriture du roman pour l’année suivante. Etc.

Voilà ! Ça serait merveilleux si tout le monde avait droit à ce type de parcours, non ? Sauf qu’on n’est pas dans le monde des Bisounours et les grandes maisons d’édition ne peuvent pas éditer tous les manuscrits qu’on leur envoie (et ils sont très très très très nombreux). Les petites maisons d’édition non plus d’ailleurs ! Tous les éditeurs ont un catalogue, une ligne éditoriale et un nombre de romans à sortir chaque année. Ils ont prévus de faire 10 romans, vous êtes le 11e… A l’année prochaine ! D’autre part, tout le monde n’écrit pas un best-seller mondial (surtout pas un Français…). Pour que des livres sont plus vendus que d’autres, il faut nécessairement que certains soient moins vendus. Et non, ce n’est pas une question de qualité. Donc revenons un peu à la réalité.

Compte d’auteur, compte d’éditeur : kézako ?

Si vous commencez à vous renseigner sur l’édition sur Internet, vous allez très vite voir apparaître ces termes « compte d’auteur » et « compte d’éditeur ». Je vais vous expliquer ça très simplement. Le compte d’auteur, c’est à fuir à tout prix ! Je vous disais au début de l’article : être édité, c’est bien. Mais pas n’importe comment. Le compte d’auteur est le premier exemple. Le compte d’auteur, c’est quand… l’auteur paye pour l’édition de son roman. Parfaitement. Alors peut-être qu’on ne va pas vous faire tout payer, mais vous allez quoi qu’il arrive devoir sortir votre porte-monnaie. Que ce soit pour des sommes plus ou moins importantes. Qu’on vous demande 10 euros ou 1000 euros, c’est du compte d’auteur et vous devez PARTIR. Un auteur n’a pas à payer pour éditer son livre. Jamais ! C’est le boulot de l’éditeur et peu importe si ses finances sont dans le rouge et qu’il prétend que les auteurs doivent le soutenir. Ne donnez jamais d’argent à un éditeur, c’est le meilleur moyen de vous faire pigeonner. Ce sera tellement facile pour lui de vous dire que votre livre n’a pas marché pour ne rien vous rembourser.

Après si vous avez de l’argent à perdre, allez y. Chacun fait ce qu’il veut… Mais ce n’est pas parce qu’on paye quelque chose qu’on aura droit à un service de qualité. Réfléchissez ! Si l’éditeur prend tout en charge et qu’en plus il vous donne une avance, il aura très envie de vendre votre roman pour rentrer dans ses frais. Mais si vous l’avez payé avant… vous croyez vraiment qu’il aura un intérêt à promouvoir votre roman plutôt qu’un autre ?

L’édition, la vraie, celle que les auteurs recherchent comme le Saint Graal, c’est l’édition à compte d’éditeur. Vous l’aurez sans doute compris, dans ce cas-là, c’est l’éditeur qui paye. L’éditeur avance tous les frais de correction, de fabrication, de diffusion, etc. Parfois il vous donne un à-valoir, parfois pas malheureusement. Mais en tout cas, vous n’avez rien à débourser. Et surtout pas pour avoir un exemplaire de votre propre livre !

Il y a un autre contrat qui erre dans le milieu éditorial : le compte participatif. Je ne suis pas très calée là-dessus, mais j’ai trouvé un article sur le sujet. Ça parle aussi du compte d’auteur. Je vous conseille de le lire.

Faites très attention quand on vous propose un contrat, faites extrêmement attention. N’allez pas donner les droits de votre travail à n’importe qui et renseignez-vous sur la maison d’édition, cherchez les avis d’autres auteurs ayant été édité là-bas !

Mais on retiendra une règle simple : un vrai éditeur vous paye pour votre travail d’auteur. Il ne vous demande pas d’argent.

La question délicate du distributeur- diffuseur

être édité livre distributeur

Non, c’est pas de ça que je parle

Le distributeur-diffuseur, c’est l’intermédiaire par lequel passe la maison d’édition pour distribuer ses livres dans les librairies et Fnac du coin. Je vous conseille cet article pour comprendre l’importance du distributeur-diffuseur. Le distributeur, c’est la logistique avec la gestion des stocks par exemple et le diffuseur, c’est le commercial, c’est lui qui place les livres dans les lieux de vente. Souvent les distributeurs et les diffuseurs sont associés, parfois, c’est même la même boîte !

Les grosses maisons d’édition ont leur propre distributeur-diffuseur, avec elles vous pouvez être plus ou moins sûr que votre livre sera disponible un peu partout. Certaines petites maisons d’édition ont aussi des contrats avec de gros distributeurs-diffuseurs, résultat même avec elles, vos livres seront accessibles et donc potentiellement achetés par des lecteurs. Parce que oui, le but, c’est quand même de le vendre, votre livre, non ?

Certaines maisons d’édition, et des maisons pourtant réputées pour être très professionnelles, n’ont pas de distributeur. Il faut le savoir, c’est important. Personnellement, je pense que ça m’embêterait un peu que la maison qui édite mon roman n’ait pas de diffuseur/distributeur. Mais cet éditeur peut avoir quand même un réseau de libraires, il peut avoir très envie de vendre votre livre et se démènera peut-être d’autant plus. Donc ça dépend… un diffuseur (qui distribue aussi !), c’est mieux. En tout cas, n’hésitez pas à poser une foule de questions à votre éditeur ! Vous avez parfaitement le droit de savoir comment il compte vendre votre livre !

Et je vais vous dire un secret : vous avez le droit de refuser un contrat.

La subtilité de la « publication »

Là aussi, il faut faire attention. Il y a des gens sur Internet qui vous proposent de publier votre livre. Il faut savoir que publier, ce n’est pas édité. La pseudo-maison d’édition (qui n’en est pas une ! ça serait plutôt une maison de publication) fait votre livre, elle le met en page, elle l’imprime et elle peut éventuellement (moyennant finances) vous proposer des services comme déposer votre livre auprès de la BnF, disposer de son réseau de librairies, vous donner les moyens de participer à des salons du livre… Cette structure va prendre un pourcentage sur vos ventes. J’ai eu du mal à me renseigner sur le sujet, mais celui dont tout le monde parle, c’est Edilivre. Edilivre fait payer la correction par exemple.

Vous vous rendrez vite compte que pour bénéficier de certaines prestations (promotion par exemple), il faudra payer. Donc on revient au compte d’auteur qui vous prend de l’argent au lieu de vous rémunérer pour votre travail. Et vous savez, c’est très facile d’obtenir un ISBN et de déposer son livre à la BnF ? On peut quasiment tout faire par internet, et gratuitement. Et s’il s’agit d’être juste référencé sur Amazon, vous pouvez le faire tout seul également.

Il est vrai que tout le monde n’est pas forcément capable de faire sa maquette, de prendre le temps de trouver un imprimeur, etc. Sachez qu’il y a des boîtes ou des freelances qui sont capables de faire des maquettes et tout le bazar, sans pour autant vous prendre un pourcentage et vous piquez vos droits. Engagez un community manager en freelance si vous se savez pas utiliser les réseaux sociaux, que sais-je ! Dans ces cas-là, vous payerez à la prestation et c’est vraiment préférable.

Le choix de l’auto-édition

superman être édité

L’auto-édition, c’est quand l’auteur décide de se passer d’éditeur. Parce qu’il n’en a pas trouvé ou parce qu’il n’en a pas envie (souvent parce qu’il n’en a pas trouvé, soyons honnête ?). L’auteur va alors s’occuper de tout : correction, mise en page et surtout la promotion. C’est sans aucun doute ce qui est le plus difficile et ce pourquoi il existe des éditeurs. Ecrire un livre, c’est toute une histoire. Le vendre, c’est carrément autre chose. Vous vous souvenez de cette vanne de lycée « Les L écrivent les livres et les ES les vendent » ? (et je refuse d’écrire « les S comptent les pages ! ») Eh bien, c’est l’idée.

Je ne sais pas exactement comment se passe la promotion d’un livre, mais vous trouverez par exemple sur le blog de Kylie Ravera (interviewé sur Mademoiselle Cordélia juste ici) des tas d’articles sur l’auto-édition.

Comme l’auteur s’occupe de tout, il faut savoir aussi que l’auteur paye pour faire son livre ! Forcément, il paye quelqu’un pour fabriquer l’objet (c’est pas gratuit d’imprimer…) et ensuite il vend ses exemplaires pour rentrer dans ses frais. Sauf si vous choisissez la solution numérique.

De temps en temps, un auteur auto-édité fait un buzz monstrueux. Oui, ça arrive. Pas souvent, mais ça arrive. Il faut savoir qu’il y a des auteurs auto-édités qui le vivent très bien et qui réussissent ! Il n’y a pas de honte à s’auto-éditer, encore une fois : c’est un choix. Et si vous voulez mon avis, il vaut mieux s’auto-éditer plutôt que d’accepter de travailler avec certains acteurs peu scrupuleux du monde du livre.

Personnellement pour mon roman Mon Amie Gabrielle, j’ai choisi l’auto-édition, .

être édité publishing book

Nous venons de le voir : le monde de l’édition/publication est vaste et dangereux ! Il est très difficile d’y faire son trou et d’éviter les requins qui rodent. La meilleure arme de l’auteur, c’est l’information. Il faut impérativement se renseigner sur les différents moyens d’édition, sur les éditeurs avant de faire son choix. L’édition n’est pas nécessairement le Saint Graal de tout le monde, il ne faut pas rechercher la grande maison d’édition à tout prix et refuser de travailler avec de petits éditeurs sous prétexte qu’ils ne sont pas à la hauteur de votre livre. Il est très difficile de se faire éditer, parfois c’est une simple question de chances. En attendant de trouver LA maison d’édition, il y a d’autres solutions pour se faire lire, se faire connaître, partager des histoires avec ses lecteurs si c’est là votre but.

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des éclaircissements à apporter ? Etes-vous édité ? Auto-édité ? Publié ? Pourquoi avez-vous fait ce choix ? Rétrospectivement, êtes-vous heureux de votre choix ? N’hésitez pas à partager avec nous votre expérience et votre avis !

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25 comments

Stéphanie Durand 1 juin 2020 - 13h 23

Merci pour cet article. Je viens d’envoyer mon 1er manuscrit à une vingtaines de maisons d’éditions. J’ai déjà reçu en moins d’un mois 6 réponses positives d’éditions à compte d’auteur ou participatives, que je compte fuir, mais c’est quand même agréable d’avoir un oui. Je me prépare à la longue attente de 3 à 6 mois pour les maisons traditionnelles. Ma question est la suivante: pour ne pas perdre trop de temps à attendre et attendre encore une éventuelle réponse bénite, est-ce que je peux me lancer dans l’auto-édition sans que ça entrave mon autre parcours dans les maisons traditionnelles? En gros, est-ce que les éditeurs refusent automatiquement les auto-éditeurs?

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Cordélia 9 juin 2020 - 20h 04

Hello ! Alors non les éditeurs ne refusent pas automatiquement les auto-éditions, mais il est vrai que certains apprécient les manuscrits inédits. Donc mon conseil serait d’attendre un peu, de te lancer dans un autre projet qui t’occupera et tu pourras reconsidérer l’auto-édition peut-être plus tard ? Sauf si c’est ton ambition de te lancer dans l’auto-édition ^^

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lily 8 septembre 2018 - 22h 42

j’écris même si je n’ai pas encore publié mes écrits, je me dis écrivaine car j’écris mais pas encore autrice, j’ai le projet de publier mes écrits en auto-édition c’est mieux niveau rémunération et aussi parce que je sais l’envers du décor des auteurs et autrices édités dans une maison d’édition, je sais qu’ils sont payés qu’une fois dans l’année voir 1 an après la sortie de leur livre + hausse des taxes, CSG et cotisations sociales etc c’est pour ça que je suis ne recherche d’emploi, trouver un autre job pour m’auto-éditer à côté

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DURAMEN 9 avril 2017 - 21h 40

Super article! Merci pour tous ces travaux de recherches. J’avais aussi entendu parlé des éditions Kindle. Ca serait peut-être une bonne façon de tater le terrain, de voir si le livre plait avant de lancer une édition papier. Qu’en penses-tu?

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Francesca 6 mars 2017 - 11h 23

Merci des infos de ce blog, on a toujours raison de se méfier. Certains éditeurs sont honnêtes, d’autres moins. Le site de Corinne Maier, qui raconte ses démêlés avec l’édition (http://www.corinnemaier.info/a-fuir-michalon-editions-piege-a/), nous met en garde contre les pratiques des éditions Michalon. Evitons de nous faire « michalonner » !

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Pauline 19 janvier 2017 - 11h 45

Entre les conseils des uns, les critiques des autres et le découragement, pas facile de garder espoir! Pour ceux que ça intéresse, on peut aussi trouver des pistes dans des manuels « sérieux »

https://www.amazon.fr/Devenir-%C3%A9crivain-grand-guide-lauteur-ebook/dp/B01MS49K69/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1484822094&sr=8-1&keywords=objectif+best+seller

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Letulle 8 septembre 2015 - 11h 50

Mon livre avait plu à l’éditrice, c’était une biographie d’une jeunesse pendant la guerre ! Naîve, heureuse, j’étais sur un petit nuage; Mon mari très fort en orthographe avait revu point par point chaque mot. Mais pourquoi donc l’éditrice s’était-elle mêlée de revenir dans le texte, en faisant des répétitions, changer le langage de mon père en celui d’un sot ! alors que quoique ouvrier il était très érudit, Je n’ai rien compris et j’ai eu honte, très honte de ce gâchis ! Je n’ai plus osée parler de mon livre. Je devait avoir un revenu sur chaque livre au bout de 500 vendus. En fait, je n’ai jamais rien touché, et à l’heure actuelle, j’ignore combien d’exemplaire ont été vendu !
Merci les éditions indépendantes
Jeannine Letulle

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Cordélia Reid 15 septembre 2015 - 10h 15

Il faut faire très attention à son contrat… mais oui les escrocs sont partout.

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Oliver Castle 29 octobre 2014 - 14h 15

Intéressant article, complet.
Pour ma part, j’ai choisi l’édition numérique pour au moins une partie de mes écrits, ceux qui n’ont virtuellement que peu chance de se trouver un éditeur dans la conjecture actuelle : la science-fiction. Parent pauvre de la littérature de genre en France, loin derrière la fantasy et la bit-lit, il est difficile de placer ses livres SF chez des éditeurs classiques (qui d’ailleurs sont de plus en plus tentés de ne fournir qu’un contrat d’édition numérique sans papier… avec une redevance nettement moindre). Pour ma young adult, je verrai bien ce que ça donne auprès des éditeurs classiques.
Toujours est-il que c’est pas tous les jours évidents, surtout pour l’auto-promotion et se faire connaître. Tout est une question de choix après, Amazon n’est pas forcément un moyen plus idiots qu’un autre. Nettement plus compliqué certes, mais très formateur pour l’auteur qui gagne – normalement – un niveau d’exigence supplémentaire sur ses propres écrits.

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Cordélia Reid 29 octobre 2014 - 14h 19

C’est vrai que la SF ne passionne pas les éditeurs papiers ^^’ ou alors les très petits éditeurs et parfois il vaut mieux essayer en numérique ^^
Bonne chance pour tout ça !

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Daisy 9 août 2014 - 17h 49

Bonjour,

Est-ce vraiment intéressant d’être publié chez Short Stories ?

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Cordélia Reid 9 août 2014 - 17h 51

Bonjour ^^
Je n’ai pas encore assez de recul puisque le bilan est à la fin de l’année. Mais ce sont des nouvelles que j’aurais publié gratuitement sur internet si elles n’avaient pas été dans ce magazine, donc forcément ça ne peut qu’être mieux. La nouvelle est un format qui ne marche pas, il faut être honnête. Au moins avec Short Stories j’ai droit à un vrai contrat d’édition et je ne cède pas ma nouvelle pour la beauté du geste comme dans tous les magazines ;)

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Melgane 25 juin 2014 - 14h 26

Je ne sais pas s’il faut à tout prix chercher à se faire éditer. On peut envoyer à des maisons, chercher à contacter des auteurs… mais si une vingtaine ou une trentaine de maisons ne veut pas du livre… c’est qu’il n’en veut pas. Et je ne suis pas fan de l’auto-édition dans le sens où… pour être éditeur on fait des études (j’ai appris ça y’a pas longtemps) et donc normalement les éditeurs s’y connaissent et savent si ça va marcher ou non. Donc à quoi bon vouloir s’éditer soi-même alors qu’on a de grandes chances que ça ne marche pas puisque les éditeurs n’en ont pas voulu ? On va vers la déception certaine, je pense. Bon, après il y a aussi la question de la mode : depuis Twilight on nous parle de vampires, les histoires sont toutes les mêmes, la fille qui rencontre le beau ténébreux se révélant être un vampire et qui doit plus ou moins sauver le monde, le tout sur fond de romance pseud-impossible…

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Cordélia Reid 25 juin 2014 - 15h 24

Non c’est sûr qu’il ne faut pas chercher à tout prix l’édition comme un Saint Graal ^^
Mais l’auto-édition n’est pas à oublier, parce que les maisons d’édition cherchent ce qui se vent et ce qui correspond à leur ligne éditoriale. Ils peuvent refuser un excellent livre qui se vendrait, par erreur, parce qu’il est noyé au milieu d’autres livres (dans les grosses maisons d’édition usine, seulement deux lignes du manuscrit sont lues au début) ou parce qu’il ne correspond pas à la ligne éditoriale. Je vais prendre un exemple tout bête : JKR a vraiment eu énormément de mal à faire éditer Harry Potter, vraiment beaucoup de mal car personne n’y croyait. Et pourtant… Alors oui, c’est sûr qu’il n’y a qu’une histoire de ce genre. Mais bon. Parfois on peut aussi écrire pour un lectorat très ciblé et ça peut marcher en auto-édition parce qu’on peut aller chercher directement le bon public ;) Bref, le monde du livre est une jungle atroce et il est bien difficile de s’y repérer x)

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Louve 31 août 2016 - 15h 21

Il n’y a pas qu’une histoire de ce genre… je crois que Stephen King avait collecté une bonne centaine de lettres de refus avant d’arriver à publier son premier texte ^^.

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Vanessa Lekpa 20 juin 2014 - 14h 04

Excellent article ! C’est vraiment clair .
Ecrire est déjà un vrai métier en sois et tous les écrivains n’ont pas forcément la fibre éditorial et publicitaire… Du coup l’auto-publication peut paraître effrayante ! Avec tous ses pièges et ses coins sombres.
Parfois , attendre et écrire coûte que coûte en attendant d’être publié dans de bonnes conditions (« le pays des Bisounours ») n’est pas plus mal et évite certains pièges.

Par contre je tire mon chapeau à tous ceux qui osent et qui franchissent le pas pour faire publier leur livre par eux même ( entièrement ou en partie) ;

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Cordélia Reid 21 juin 2014 - 21h 50

Merci, j’ai fait au mieux ^^
Je pense que c’est à chaque auteur de trouver la formule qui lui convient :D

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Abdelhamid 16 juin 2014 - 19h 13

Excellent article qui donne de bonnes pistes. Les gros éditeurs que tout le monde connaît ont des services commerciaux (filières ES) qui s’occupent des réseaux de librairies et des librairies indépendantes. Ces maisons d’édition veulent souvent imposer des quantités aux libraires et mettent la pression pour cela. Merci encore pour cet article que je partage.

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Cordélia Reid 21 juin 2014 - 21h 51

Eh bien merci pour le partage ^^ C’est important de se renseigner en tout cas, car le monde du livre est un monde difficile !

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Tagada 16 juin 2014 - 16h 12

Je n’ai jamais été édité ou quoi que ce soit et je savais qu’il fallait faire attention par rapport aux contrats parce que malheureusement des gens mal intentionnés, il y en a partout, mais à ce point là, je pensais pas. Déjà que c’est difficile d’être édité, si en plus on nous édite pour nous arnaquer, c’est absolument horrible. Merci pour tous ces renseignements, ça me sera très certainement utile (pour le moment où j’aurais quelque chose à publier, ce qui n’est pas encore le cas).

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Cordélia Reid 21 juin 2014 - 21h 52

Bah ouais, elle est pas cool la vie x) On serait mieux au pays de Bisounours !

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Lapegue 16 juin 2014 - 15h 49

Très bon article , très complet,et qui décrit de façon très lucide le dilemme de l’écrivain face à l’édition on et off line . Pour ma part et entant qu’écrivain , j’ai décidé d’opter d’abord pour l’auto édition mais de façon éclairée ( enfin , je crois :-)! c’est à dire en refusant de payer autre chose que mes impressions ,et en ayant conscience que je suis seule responsable de ma promo . Tout cela m’a amenée à monter un site ( http://www.booknseries.fr) où je fais découvrir des romans( en l’occurrence des romans noir à suspense ) auto-édités -que je sélectionne-( autant en faire profiter les autres) en épisodes ebook hebdo gratuits ( sous réserve de s’inscrire à la lecture )et avec une option d’achat du livre complet permanente( pour laquelle l’auteur garde 100% de ses droits ). Mon idée est venue du fait que le nombre de livres auto-edités sur internet est immense , et que la qualité n’est pas toujours au rendez-vous : il est donc normal que les lecteurs puissent découvrir un livre auto-edité en e-book avant de l’acheter . Mais en aucun cas je ne veux qu’un livre soit offert gratuitement en totalité , ni que l’auteur perde 1ct de ses droits d’auteurs . Bref , je crois que c’est partout pareil :il faut être créatif et ‘ se bouger’ pour sortir du lot ! et responsabiliser l’auteur et le lecteur !

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Cordélia Reid 21 juin 2014 - 21h 53

Merci beaucoup ^^
C’est très bien l’auto-édition, mais il faut avoir les épaules, c’est très courageux je pense.
Et c’est intéressant comme tout le site dont tu parles, je vais aller jeter un œil…
Merci pour ton commentaire !

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Jean-Christophe Heckers 16 juin 2014 - 10h 46

Même l’édition à compte d’éditeur, parfois… Sans vouloir citer celui proposé par une maison sise dans un immeuble branlant de la rue des Petits Champs à Paris, et dont le site internet est l’un des plus laids qui se puisse concevoir, certains contrats sont des pièges mortels. On y reste englué comme dans du papier tue-mouches parfois jusqu’à en crever, tant il est difficile d’obtenir une résiliation même motivée.

Pour bien faire, il convient de considérer au moins quelques détails avant de se précipiter:
– L’éditeur à compte d’éditeur qui répond systématiquement « oui! » à tout envoi de manuscrit en deux semaines maxi ou presque : à fuir. (Consulter le catalogue est édifiant: quand il y a 500 parutions annuelles, c’est qu’il y a un « léger » problème, et qu’il ne faut pas s’attendre à quoi que ce soit de bon si on signe.)
– Le même (ou son clone), si le contrat prévoit qu’il ne versera les droits qu’après avoir atteint un montant minimal de… pas mal d’euros (150 chez l’éditeur visé au début de commentaire) : faut se barrer, on ne verra jamais la couleur du chèque. Parce qu’il n’y aura pas de promo, qu’on laissera couler votre bouquin dans le catalogue (et les grands fonds sont atteints en quelques semaines), que les ventes seront réduites à leur plus simple expression, à savoir un symbole ovale qui en toutes lettres débute par z.
– C’est du compte d’éditeur, mais on vous demande de faire la maquette ? de corriger vous-même? Oh, on se contentera de glousser et on ira voir ailleurs. Non, franchement, là, on rêve, quand même.

Oh, certes on n’a rien payé du tout, mais on ne sera lu par personne et quant à toucher des sous c’est illusoire. Quand on aura épuisé ses relations proches et lointaines qui, par compassion, auront chèrement acquis l’ouvrage encore tiède (compter 10 centimes la page, et 5 pour un pdf qui n’est que la maquette même pas tripotée par l’éditeur… hum, bon, ouais, sympa), il faudra acheter soi-même ses ouvrages, faire sa promo et les diffuser… euh, oh! on est chez un éditeur, non? Ben oui, mais il se pare seulement du titre pour embobiner les naïfs (et on se fait facilement avoir*).

Alors méfiance méfiance, l’éditeur peut avoir un distributeur, des partenaires « sérieux » genre hebdomadaires réputés et institutions diverses, et n’être qu’un publieur qui ne vous sera d’aucune utilité (au contraire) et vous dégoûtera à mort de l’édition.

* Celui que j’ai fréquenté avait commencé plutôt pas mal avant de virer pompe à fric; il n’avait pas encore mauvaise réputation mais ça allait venir et j’étais pile arrivé au bon moment pour découvrir qu’il n’y avait pas d’antidote au contrat; des centaines de malheureux y sont contents de leur sort, de façon incompréhensible.

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Cordélia Reid 21 juin 2014 - 21h 54

Merci beaucoup pour le partage de ton expérience, ce que tu dis est très intéressant.
Tu as raison, il faut toujours se méfier. C’est épuisant, mais c’est comme ça…

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