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Le recueil Bleu Horizon aux Editions HPF

by Cordélia

Bonjour à tous et à toutes !

Aujourd’hui j’ai choisi de vous parler de quelque chose d’assez spécial. En effet, demain sort officiellement le recueil Bleu Horizon compilant 17 nouvelles sur le thème de la Première Guerre Mondiale. J’ai déjà évoqué ce recueil plusieurs fois pour la simple et bonne raison que ma nouvelle Lawrence se trouve entre ses pages ! Vous pouvez vous procurer l’ouvrage sur la boutique en lien d’HPF : juste ici.

Ce recueil est édité par les Editions HPF, une petite maison d’édition fondée par l’association Héros de Papier Froissé. J’ai interviewé la directrice des Editions HPF, Sylviane Convert, pour nous parler un peu de ce projet !

Interview

Comment sont nées les Éditions HPF ?

A l’origine, il y avait une jeune femme que tu as déjà interviewée, Marianne Meynard des Editions Flammèche. Elle avait un projet de publication d’un livre dans le cadre de ses études. Elle avait monté ce projet avec l’association Héros de Papier Froissé, dont elle était à l’époque présidente. Le montage n’a pas été accepté par l’école et le projet a été plus ou moins mis en suspens pendant quelques mois. Cependant, il avait été construit sur mesure pour entrer dans le cadre des activités de Héros de Papier Froissé et, à mon arrivée au conseil d’administration de l’association, j’ai proposé de le remettre au goût du jour. J’ai ainsi été propulsée directrice des Éditions HPF, branche de l’association Héros de Papier Froissé, officiellement créée en 2012.

Quels sont les objectifs des Éditions HPF ?

Les objectifs des Éditions HPF sont une partie de ceux de l’association Héros de Papier Froissé qui les a créées : publier des œuvres de fiction originales et promouvoir la culture écrite.

Les Éditions HPF, c’est combien de bénévoles ?

Cinq bénévoles permanents à l’heure actuelle, mais c’est soumis à évolution selon les projets. Pour Bleu Horizon, nous avions également un bénévole présent uniquement le temps du projet, notre conseiller historique.

Pourvoir avoir choisi le thème « Première Guerre mondiale » ?

Juste après la publication de notre premier ouvrage, Rêves Froissés, Mariel Hennequin, notre conseiller historique, m’a proposé ce sujet qui était à la fois dans ses centres d’intérêt personnels et au cœur de l’actualité à la date de publication prévue, ce qui nous permettait de profiter de la couverture médiatique du sujet pour la promotion de notre ouvrage (dans notre fonctionnement entièrement bénévole, on compte 18 mois pour un projet tel que Bleu Horizon, du lancement de l’idée de thème à la publication du livre). L’idée a immédiatement emballé toute l’équipe !

Combien de textes avez-vous reçu ?

59 textes (je ne compte pas les textes qui n’étaient pas des nouvelles, une personne a par exemple envoyé les correspondances entre ses arrières-grands-parents datant de l’époque où son arrière-grand-père était au front – cette proposition n’étant clairement pas une nouvelle, elle a été refusée d’emblée).

Comment avez-vous sélectionné les textes ?

Tout d’abord, il faut savoir que nous sélectionnons en anonyme. La seule personne qui connaissait le nom des auteurs ne faisait pas partie du comité de sélection.
Cinq membres de l’équipe ont lu l’ensemble des textes reçus et ont donné leur avis dessus, tant au niveau scénaristique qu’au niveau stylistique ou au niveau orthographique. Considérant la thématique globale, nous avions également un regard critique sur la crédibilité historique des nouvelles (mais pas la véracité, l’objectif était surtout de chasser les anachronismes, un Poilu ne peut pas tweeter depuis sa tranchée). Et bien évidemment, la sensibilité personnelle des sélectionneurs a joué son rôle.
Sur la base de ces critères, l’ensemble des textes a été noté entre -2 et 2 par chaque sélectionneur, un « -2 » signifiant « Surtout pas » et un 2 « Coup de coeur ». Ces notes ajoutées les unes aux autres donnaient un résultat en -10 et 10. Pour la majeure partie des textes sélectionnés, ils l’ont été simplement sur leur note.
Les quatre « derniers » (au sens derniers à avoir été sélectionnés) ont été des choix qui résultaient de divers critères qui n’avaient plus rien à voir avec leur note (si ce n’est qu’elle devait être strictement positive) mais plutôt avec la cohérence du recueil : l’auteur du texte a-t-il déjà un texte sélectionné ou le sélectionner permettrait-il de faire découvrir un nouvel auteur ? La longueur de cette nouvelle est-elle cohérente avec la longueur des nouvelles sélectionnées (difficile de faire cohabiter une nouvelle de 1 000 mots et une de 17 000 dans le même ouvrage) ? La thématique abordée par cette nouvelle a-t-elle déjà été traitée par d’autres nouvelles sélectionnées ou permettrait-elle d’élargir le panel d’horizons ?

Après la sélection, que restait-il à faire ?

Tout ! Établir les corrections historiques à apporter, écrire la préface, écrire le quatrième de couverture, choisir et finaliser la couverture, réaliser les corrections de chaque nouvelle avec les auteurs, harmoniser les styles de toutes les nouvelles (que tous les dialogues soient écrits de la même façon dans chaque nouvelle, par exemple, ou qu’elles soient toutes écrites selon l’orthographe traditionnelle), préparer les contrats d’édition des auteurs en fonction de leurs spécificités (auteur mineur, nouvelle écrite à quatre mains, …), réaliser la mise en page du livre broché et du livre numérique et corriger les dernières coquilles, sélectionner un imprimeur, définir le nombre d’exemplaires à imprimer, définir le prix, préparer la promotion du livre en identifiant les réseaux où nous serions les plus à même de toucher des acheteurs potentiels et en réalisant les supports de communication, vérifier le BAT, vérifier que l’impression suit son cours et que la commande sera livrée à temps, … Le tout en gardant les troupes, toujours bénévoles, motivées et en vérifiant qu’on ne prend pas de retard incompressible dans le projet.

Comment va se dérouler la promotion du recueil ?

Elle a déjà commencé. Tu es la deuxième personne qui m’interviewe au sujet de Bleu Horizon. Depuis plusieurs mois, nous sensibilisons nos communautés via le forum de notre association ou nos pages Facebook à la thématique du recueil. Nous avons également identifiés plusieurs réseaux en ligne et physiques de communautés d’acheteurs potentiels que nous informerons de la publication (le fait d’avoir une thématique aussi précise permet d’identifier facilement les réseaux qui pourraient être intéressés). Nous contactons également des critiques littéraires de la blogosphère. De même, chacun des membres de l’équipe a des activités et contacts personnels qui peuvent être des leviers de communication. Enfin et bien évidemment, nous espérons également que nos auteurs promouvront l’ouvrage autour d’eux (ce que certains font déjà depuis plusieurs semaines/mois).

Quel avenir pour les Éditions HPF ?

Nous comptons continuer notre travail de promotion de la culture écrite par le biais de l’édition de livres. Ces livres seront probablement des recueils de nouvelles, mais nous acceptons également de recevoir des manuscrits de romans et sommes actuellement en train de définir quels genres nous voudrions publier, aussi, il se pourrait qu’un jour, nous publions un roman.

Pour compléter un peu cette interview, j’ai choisi de laisser trois auteurs du recueil parler de leur expérience avec les Editions HPF !

Laura S. Badin, auteur de Victime collatérale

A bientôt 26 printemps, je suis assistante commerciale dans l’industrie et rêveuse à plein temps. Les doigts sur mon clavier, la tête dans les étoiles, j’aime m’évader dans mon monde, cohabiter avec mes personnages et imaginer des histoires, faute de pouvoir vivre plusieurs vies à la fois. J’écris depuis une dizaine d’années, à une époque où mes professeurs me confisquaient les poèmes que j’écrivais en cours. De nature assez peu confiante, c’est avec un plaisir immense que j’ai appris que ma nouvelle avait été retenue. J’aimerais un jour avoir la satisfaction de terminer un roman mais tout est possible, n’est-ce pas ? Il suffit juste d’y croire un peu…

J’ai eu connaissance de l’A.T peu de temps après mon inscription sur le forum. J’ai eu pour une fois l’impression que je pourrais pondre quelque chose de pas trop mal, mais il ne restait plus qu’à savoir sur quel sujet plancher. J’ai commencé une nouvelle sur l’histoire se rapprochant un peu à celle de mon arrière-grand mère, une vieille dame qui reçoit ses petits enfants chez elles un 11 novembre et qui les voit poser la fameuse question « Dis mamie, c’était comment la guerre ? ». La mamie replonge alors dans ses souvenirs… Mais je tournais en rond. Je l’aimais cette histoire mais le format nouvelle n’était pas approprié. Je n’arrivais pas à avancer…

Puis un jour, au travail, j’ai eu cette idée : il n’y a pas eu que des familles décimées pendant la guerre, des villages entiers ont été rayés de la carte. Comme souvent (pour ne pas dire toujours), la première phrase de mon texte s’est imposée à moi. Je l’ai écrite et mes doigts n’ont pas voulu lâcher le clavier. En une demi-heure, le premier jet était terminé.

Maelyne de Loligart, auteur de Croix de bois, croix de guerre…

Je suis professeur de Français en collège, J’aime l’équitation, la danse, la lecture, l’écriture, et les voyages. J’apprends le passé simple à mes élèves à coups de barbie strass à paillettes et de saucisse.

Je fais partie d’un groupe de copines qui fréquente HPF depuis quelques années maintenant (pas loin de la création d’HarryPotterFanfiction, en fait…), et même si je ne vais plus vraiment sur le site, il garde une place importante dans mon cœur et j’apprécie vraiment les gens que j’ai rencontrés grâce à lui. Je continue donc à verser ma cotisation et un petit don annuel.

Ça faisait un petit moment que j’avais envie d’écrire sur les Gueules Cassées, et l’appel à textes a été le prétexte pour me motiver.

Pendant les vacances, j’ai fait des recherches pour compléter ce que je savais déjà (j’ai beaucoup appris sur l’histoire de la chirurgie faciale…) et j’ai commencé à écrire. Au départ, je n’avais qu’une partie du texte. Après, je l’ai lu à voix haute (méthode flaubertienne du Gueuloir…) et mon père qui était dans la pièce m’a dit que oui, c’était correct, mais tellement attendu que j’enfonçais des portes ouvertes à force d’aller dans les poncifs, et qu’il serait pas mal de faire un texte-miroir avec une Gueule Cassée pour qui, au final, la guerre n’a pas eu que des conséquences négatives. Pour cette partie-là, j’en ai bavé… mais l’idée était originale.

Nicolas Saintier, auteur de Le Carnet de Moïshé

Après des études de cinéma, option réalisateur et scénariste, je suis retourné à ma passion première, la littérature. J’ai publié une quinzaine de nouvelles dans des anthologies, dans de nombreux genres et styles, tout en écrivant en parallèle une série de romans. J’espère à l’avenir pouvoir publier davantage de nouvelles (un format que j’affectionne) ainsi que de plus longs formats. Bien que ma préférence aille souvent au fantastique et au romantisme noir du XIXe, j’aime lire et écrire dans tous les genres. Vous pouvez trouver mes publications, ainsi que celles à venir, sur mon site internet.

En plus de mes propres projets littéraires, je participe à de nombreux appels à textes parce que j’affectionne particulièrement le genre de la nouvelle et que cela me permet de travailler sur des sujets et styles variés avec les contraintes qui vont avec chaque genre. Je visite donc régulièrement des sites ou blogs regroupant les appels à texte. J’ai découvert celui-ci sur RSF Blog.

En général, j’écris surtout dans le style fantastique. Travailler sur un sujet aussi réaliste et ancré dans l’Histoire a été un vrai défi. J’ai repensé au recueil de lettres de soldats du front, « Paroles de Poilus » (dirigé par Jean-Pierre Guéno) que j’avais lu dans ma jeunesse et qui vibrait de la vérité des soldats ainsi que de leur ressenti.

J’ai alors pensé que le style épistolaire serait le plus à même de témoigner de ce que ressentait mon personnage, de décrire la guerre de son point de vue, avec ses émotions et son vécu.

Aimant particulièrement l’ironie du sort, j’ai cherché un angle qui permette d’opposer deux visions de la guerre : à la fois la fierté patriote de sauver son pays de l’envahisseur, mais aussi l’absurdité de ces morts vaines. Je voulais des personnages confronté à un destin plus grand qu’eux, qui font de leur mieux sans pouvoir véritablement avoir une emprise sur ce qui se passe et contrôler les conséquences de leurs actes. Les personnages provoquent des catastrophes en partant d’une bonne intention et de la volonté de vivre mieux, ce qui illustre à mon sens un aspect de l’essence de la guerre.

N’hésitez plus et procurez-vous un exemplaire de Bleu Horizon !
Retrouvez également les Editions HPF sur Facebook !

Et vous ?

Êtes-vous intéressé par ce recueil  ? L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous l’habitude de lire des nouvelles ? Avez-vous déjà été publié dans un recueil de nouvelles ? Pouvez-vous nous raconter cette expérience ? N’hésitez pas à vous exprimer via les commentaires !

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2 comments

Viviane 27 juin 2014 - 14h 50

L’interview est chouette.
C’était sympa de faire parler les auteurs et de voir que certains sont arrivés là sans venir de la communauté HPF à la base.

Reply
Cordélia Reid 29 juin 2014 - 12h 16

Hihi merci ^^
Mais c’était chouette d’avoir tous les témoignages, ça a été dur de choisir :)

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