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La tentation de la pseudo-réciproque

by Cordélia

Bonjour à toutes, bonjour à tous,

Je vous en avais vaguement parlé au cours de mon bilan lecture du mois de mars, j’ai lu un livre qui s’intitule « La tentation de la pseudo-réciproque » (non, ne partez pas déjà !), écrit par Kylie Ravera (j’adore ce jeu de mots). Il se trouve que j’ai aimé ce livre et que j’ai décidé de contacter l’auteur pour une petite intervew. Kylie Ravera s’auto-édite, comme le font de plus en plus d’auteurs, faute d’éditeurs (trop frileux en ces temps de crise ?), c’est à dire qu’elle maîtrise tout de A à Z. De l’écriture, à l’impression et la vente des livres, en passant par la correction, la mise en page, etc. C’est un très gros travail puisque l’auteur – qui est censé n’être « qu’un auteur » à la base, se retrouve dans la position de correcteur, éditeur et publicitaire. Oui, tout cela à la fois.

J’ai déjà parlé de « petites maisons d’édition », j’avais déjà pu interviewer deux auteurs auto-éditées, et je ne compte pas m’arrêter là. Même si évidemment, je n’aspire qu’à voir mon livre éditée chez Gallimard, bien en tête de gondole, il n’en demeure pas moins que je m’intéresse à autre chose qu’aux grosses maisons d’édition usines. Que ce soit par curiosité ou par intérêt personnel (au cas où mes livres seraient refusés partout, autant avoir un plan de secours, non ?). Mais trêve de bavardages, j’en viens aux faits. Autrement dit : au livre.

la tentation de la pseudo-réciproque couverture

Résumé

Peter Agor en est persuadé, élève en Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles Scientifiques, à la base, est une activité à plein temps. Surtout dans un grand lycée prestigieux de la capitale qui a pour but avoué de former les élites de la Nation. Surtout quand le prof de math, qui a sur ses élèves un droit de vie ou de mort, a décidé qu’il avait une dent contre vous. Surtout quand on a l’impression d’avoir à la place du cerveau un marshmallow moisi. Alors, quand l’occasion se présente, est-ce bien raisonnable de se lancer dans une enquête policière aux côtés d’une jeune détective privée pour le moins atypique mais néanmoins charmante ? Avec le risque de découvrir, à la fin de l’histoire, bien plus que la simple solution de l’énigme…

Ce premier tome devrait plaire à :
– ceux qui ont fait ou comptent faire une prépa
– ceux qui n’ont aucune idée de ce qu’est une prépa mais qui aimeraient bien en savoir plus
– ceux qui se demandent si on peut être à la fois scientifique et littéraire
– ceux qui aiment les romans policiers avec des morceaux de complots dedans
– ceux qui aiment les histoires d’amour
– ceux qui ne sont pas allergiques aux poils de chat.

Petite critique de « La tentation de la pseudo-réciproque »

Par où commencer ? Déjà il faut savoir que j’ai fait une prépa scientifique (physique-chimie si ça vous intéresse). Et pas des moindres puisque j’étais sur la montagne St-Geneviève à Paris. Donc forcément, quand j’ai vu ce livre qui m’avait l’air drôle, avec une enquête, avec plein de tomes et qui se passait en prépa, j’ai tilté. C’est super rare de trouver des livres sur ce milieu très particulier et je me suis dit « il faut absolument que je lise ça ». J’ai gardé le site de Kylie Ravera en favori pendant un moment, puis de fil en aiguilles, j’ai fini par me décider à regarder tout ça plus en détails. En fait, ce qui a attiré le plus mon attention, c’est le blog et tous les articles de l’auteur. J’ai trouvé son expérience vraiment intéressante, qu’elle avait du culot et c’est ça qui m’a donné l’envie de sauter le pas. En plus, le premier tome était proposé en ebook gratuitement… Autant vous dire que je n’ai pas trop attendu avant de le réclamer.

C’est ainsi que je me suis retrouvée avec La tentation de la pseudo-réciproque sur ma liseuse (il faudra que je fasse un article sur les liseuses prochainement…). Je n’ai pas mis très longtemps à lire ce premier tome, cette lecture a été très plaisante (suffisamment pour que je ne laisse pas tomber) et suffisamment intrigante pour me donner envie de connaître la suite (quand j’aurais le temps…). J’ai a-do-ré tout ce qui se rapportait à la classe prépa, notamment tous les jeux de mots vraiment très bien trouvé. J’y ai retrouvé foule de détails et de souvenirs (bons comme mauvais) et je n’ai donc vraiment pas été déçue. Si vous avez fait une classe prépa, en particulier si c’était dans une filière scientifique, je ne peux que vous conseiller de lire ce livre, parce que c’est drôle et puis ça rappelle plein de trucs ! Il y a de l’idée, c’est certain. Les profs à la solde du gouvernement, des tas de trucs un peu loufoques, un élève de prépa embarqué dans une histoire rocambolesque… Vraiment l’atmosphère qui se dégage de ce livre est très rafraîchissante. Je ne sais pas comment sont les tomes suivants, mais déjà je sens qu’il y a un fort potentiel dans cette saga.

Après, je trouve qu’il y a quand même des maladresses, notamment au niveau de l’humour qui n’est pas toujours très bien dosé, il y a certaines intrigues que j’ai eu du mal à comprendre, des moments où l’histoire allait trop vite, d’autres où au contraire c’était trop lent… Je ne peux pas dire que ce livre est parfait, il ne l’est pas à mon humble avis (et je ne suis pas une grande professionnelle). Mais il y a ce Peter qui est tellement attachant, toute l’ambiance autour, le milieu et puis on a quand même envie de savoir comment ça finit !

Personnellement, je trouve qu’il y a du potentiel et de la matière. Je me dis aussi que peut-être, le tome 1, étant un premier roman, est aussi celui où l’auteur s’est « fait la main ». L’auteur a forcément évolué en 7+1 tomes et c’est pourquoi je ne juge pas sévèrement ce premier tome, malgré les imperfections. Néanmoins, je me pose la question du public, parce que même si je le conseille à tous mes anciens potes de prépa… je ne saurais dire si quelqu’un qui ne connait pas du tout cet univers peut accrocher dès le début ou s’il doit faire un véritable effort. C’est d’ailleurs une des questions que j’ai posée à Kylie Ravera, vous découvrirez sa réponse dans l’interview suivante…

cat chat party fête humour gif

Il paraît que c’est bien de mettre des chats partout, les gens aiment les chats.

Interview de Kylie Ravera, auteur de la tentation de la pseudo-réciproque

~ La tentation de la pseudo-réciproque est une très longue saga dont je n’ai pour le moment lu que le premier tome, comment vous est venue l’idée de cette histoire très atypique ?

En réalité, il existe deux « Tentation de la pseudo-réciproque » : la première est une nouvelle écrite lorsque j’étais en prépa scientifique, racontant à la troisième personne les aventures loufoques d’un taupin pas doué en maths, pleine de private jokes à l’intention d’autres taupins et de références à mes profs de l’époque. Je me souviens l’avoir commencée sur un cahier de texte, par une phrase absurde qui ne voulait pas finir, alors que j’aurais dû être en train d’assurer mon avenir en révisant un contrôle de maths pour le lendemain. Je n’avais pas d’autre objectif que de faire circuler ces feuillets dans ma classe afin de divertir mes camarades – seule gloire que m’autorisaient mes résultats. Cette histoire-là s’est construite au fur et à mesure de l’écriture, sans aucun plan, et avec une partie de l’intrigue largement pompée sur celle d’ « Un cheval dans la salle de bains » de D. Adams. Mais c’est tout de même au cours de cette petite aventure littéraire que sont nés les personnages de l’étudiant Peter Agor, de la détective Eléanore Marolex, ainsi que le concept d’un organisme secret composé de profs-espions à la solde du gouvernement…

Une dizaine d’années plus tard, lorsque j’ai voulu me remettre à l’écriture, j’ai repris ce vieux manuscrit – sans doute parce que je me souvenais de l’affection que j’éprouvais pour mes personnages. Je l’ai trituré un peu, sans autre but que d’en faire quelque chose de plus partageable. En quoi j’ai commencé par échouer consciencieusement. Jusqu’à ce jour de juillet 2007 où, au cours d’une balade dans une forêt tchèque, j’ai…

(C’est à ce moment-là que mon agent littéraire imaginaire me fait de grands gestes qui signifient sans doute : « STOP ! On a dit qu’on ne parlait pas de ça ! » Une fois n’est pas coutume, je vais l’ignorer.)

… J’ai eu une illumination. Trompettes dans la tête, pupilles dilatées, tout ça.  « La tentation » serait le premier tome d’une saga en 8 volumes, dont chacun raconterait une intrigue policière se déroulant au cours d’une nouvelle année dans la vie de Peter Agor. Avec des enjeux à l’importance croissante – façon « la petite histoire qui finit par rencontrer la grande » –  des complots internationaux, une réflexion politique sur le pouvoir, l’argent, la réussite, ainsi qu’un chat doué de pouvoirs psys. Et aussi, en fil rouge, une histoire d’amour dont les protagonistes ne collent pas exactement à l’archétype du type cool et sûr de lui et de la nana un brin nunuche-cœur d’artichaut-maladroite-pas sûre d’elle. C’est-à-dire que c’est à peu près le contraire.

Cette épiphanie m’a apporté tout un paquet d’autres idées que j’ai égrenées au fil de mes romans mais le moindre auto-spoil supplémentaire conduirait à une condamnation à mort par mon agent littéraire imaginaire (ça fait déjà deux minutes qu’elle fait le geste de se trancher la gorge avec un doigt). Je vais m’arrêter là.

En rentrant, j’ai changé complètement mon intrigue et terminé en quelques semaines ce qui allait devenir la deuxième « Tentation de la pseudo-réciproque» : le tome I de la saga du même nom.

~ Dans ce livre (et j’imagine dans les suivants) on sent la part de vécu pour ce qui est de la prépa, des profs de prépa, de la compétition entre les lycées pour les grandes écoles. Est-ce un milieu qui vous a traumatisée au point d’avoir besoin de le tourner en dérision ou était-ce simplement un moyen de relâcher la pression ?

Sur le coup, je n’ai pas très bien vécu cette période. Passer du statut de premier de la classe à celui où vous ne comprenez plus rien à ce que raconte le prof au tableau, c’est quand même un peu rude. On peut sans doute parler de traumatisme puisque vingt ans plus tard, mon cauchemar récurrent reste associé à l’angoisse de me retrouver dans une salle d’examen sans avoir rien préparé… Il m’a fallu du temps pour prendre conscience de tout ce que la prépa m’avait appris : moins des théorèmes de maths ou des réactions de chimie qu’une méthodologie de travail très efficace. Et le goût de l’effort. Et le bonheur de comprendre. Cette formation n’a donc pas seulement fourni la matière première de quelques intrigues, mais a eu un impact certain sur ma façon d’aborder l’écriture et d’organiser mon temps de « travail ».

Je reconnais néanmoins qu’à l’époque de la Tentation I, raconter que mes profs dissimulaient des secrets inavouables m’a permis de survivre à certaines khôlles…

~ Est-ce que vous avez imaginé l’intrigue de La tentation de la pseudo-réciproque seule ou est-ce que vos camarades en prépa vous ont aussi donné parfois des idées qui vous aurait permis d’étoffer votre scénario ?

J’ai toujours eu l’écriture solitaire, il est rarissime qu’un commentaire extérieur influence le fond de l’histoire que j’ai imaginée. Mes camarades de prépa n’ont donc pas eu leur mot à dire – mais j’ai évidemment utilisé certains faits qui se sont réellement produits tout comme je me suis inspirée de caractères de personnes réelles pour écrire la Tentation.

~ Cette histoire de P.R.O.F.S., entre nous, comment avez-vous pu imaginer ça ? Personnellement, j’ai trouvé ça excellent !

Merci ! J’en profite pour rendre hommage à mes profs de prépa, ils étaient quand même moins féroces que dans mes livres, et tous désireux de nous voir réussir – fût-ce au prix de quelques sacrifices.

~ Dans quelle catégorie classeriez-vous votre livre ? Est-ce pour vous plutôt un policier, un roman humoristique, une roman d’aventure ? Ou tout cela à la fois ?

Tout cela à la fois concernant la série, même si je trouve que chaque tome a une couleur particulière : policier loufoque pour le I, roman d’apprentissage pour le II, « campus story » pour le III, roman complotiste pour le IV, whodunit à la Agatha Christie pour le V, roman d’espionnage pour le VI, road-movie littéraire pour le VII. (Mon agent m’interdit de parler du VIII en cours d’écriture).

~ Pensez-vous qu’un lecteur qui n’a pas connu la prépa ou qui n’a personne dans son entourage qui est passé par là puisse apprécier votre saga ? Selon vous, est-ce que le fait d’ancrer votre histoire dans ce milieu très fermé est un frein à la popularité de votre livre ?

Quand j’ai commencé à promouvoir la Tentation auprès de lecteurs potentiels, j’ai pensé que m’adresser à une communauté particulière était une bonne idée : j’ai donc présenté LTPR comme un « roman se déroulant en classe prépa ». Or, avec du recul, c’était peut-être réducteur, seuls les deux premiers tomes de la série ayant pour cadre ce milieu. J’ai également essayé de décrire l’atmosphère particulière qui y règne, les enjeux, les codes, de façon à ce que cela soit compréhensible par des néophytes. La démarche n’a pas convaincu les éditeurs, d’après les retours que j’ai pu avoir, mais je compte quand même suffisamment de témoignages de lecteurs étrangers à ce milieu que cela n’a pas gênés pour apprécier l’histoire, pour me dire que l’aspect du cadre ne devrait pas être un frein dans la plupart des cas. En d’autres mots : n’ayez pas peur !

Je suis tout de même consciente que quelques aspects un peu particuliers de mes livres peuvent rebuter certains lecteurs : c’est la raison pour laquelle je propose d’envoyer gratuitement le tome I en format numérique à ceux qui s’interrogent sur la pertinence de tenter la Tentation (via ce formulaire de contact).

~ Quel est votre secret pour avoir autant d’inspiration ? Huit tomes pour votre saga, ce n’est pas rien ! Était-il prévu que le récit se prolonge sur autant de livres ?

Longues balades et douches qui durent des plombes : le secret de mon inspiration ! Je n’ai pour le moment jamais connu les affres de la page blanche grâce à elles.

L’idée des 7+1 tomes (une série en 7 tomes plus un dernier tome optionnel venant conclure définitivement l’histoire) date de la balade dans la forêt tchèque. Je ne me suis éloignée de mon plan qu’à une seule reprise : pour intercaler un tome 7,5 qui raconte quelques épisodes passés du point de vue du « tueur ». Ce livre qui transforme une saga en 7+1 tomes en saga en 7+1+1 tomes a été le seul à ne pas être prévu dès le départ.

~ Vous êtes-vous parfois sentie débordée ou dépassée par votre propre histoire en voyant qu’elle s’étirait et prenait de telles proportions ?

J’aime beaucoup l’idée d’un « puits des histoires perdues » introduite par Jasper Fforde dans sa série des Thursday Next. J’ai souvent l’impression d’aller y plonger ma canne à pêche pour en ramener quelque chose de complètement improbable mais qui trouve sa place dans le puzzle à plusieurs dimensions qu’est devenue la Tentation. Même si les trames principales sont pensées depuis longtemps, je suis toujours estomaquée par cette foule de petits détails qui se mettent en place tout seuls et qui font que l’histoire reste cohérente. C’est certainement une sensation que je partage avec bon nombre d’écrivains : le plaisir de se laisser surprendre par quelque chose qu’on croyait maîtriser.

~ Si vous deviez résumer votre saga en quelques mots pour donner envie aux lecteurs de ce blog de la lire, que diriez vous ?

Mon agent littéraire, qui a fait des études poussées de marketing, me souffle : chocolat et chaton. Pour être tout à fait honnête, il doit bien y avoir une ou deux scènes où le héros mange une glace au chocolat, et indubitablement, il noue une relation complexe avec un chat. Je n’ai pas de meilleure idée, en fait. Si ce n’est de partager un message posté sur le forum Geekzone où un lecteur de la Tentation a imaginé une discussion avec un ami à qui il essayerait de vendre mon bouquin :

« – Alors tu vois c’est l’histoire d’un jeune taupin (ouais, un mec qui attaque sa classe prépa) mais c’est pas chiant, naaaaan, parce qu’en fait c’est des polars… mais super drôle (avec des jeux de mots dans chaque noms) et avec des complots pas possibles, et bien sûr qu’il y a une magnifique histoire d’amour !
– …
– Je comprends pas, ça devrait trop t’intéresser… »

Oui, je suis dure à vendre, c’est un fait. Mais je compte aussi sur ce lien pour m’aider.

~ Vous avez fait le choix de l’auto-édition, pouvez-vous nous expliquer un peu pourquoi ? Combien d’éditeurs avez-vous contacté avant de vous décider à vous lancer seule ? Avez-vous eu des commentaires de la part des éditeurs qui vous ont refusé ?

L’autoédition a d’abord été un choix par défaut : celui d’une chatouilleuse de clavier qui ignore tout du milieu de l’édition et renonce à se faire éditer après avoir reçu des retours négatifs de la part des cinq plus grandes maisons françaises… Je suis tombée sur le site lulu.com et son service d’impression à la demande alors que je souhaitais simplement posséder un exemplaire relié de mon manuscrit. J’ai découvert qu’ils offraient aussi la possibilité de le commercialiser gratuitement, en format papier et pdf. Un blog-vitrine plus tard, c’était fait.

Par la suite, j’ai tout de même contacté une quarantaine d’éditeurs sur sept ans. Sur quarante refus, j’en ai reçus cinq ou six argumentés, qui disaient peu ou prou la même chose : « Tu écris pas mal, mais faudrait faire autre chose, une histoire qui se passe en prépa, ce n’est pas vendeur. » (quelques échanges sont d’ailleurs publiés sur mon blog). Au grand dam de mon agent littéraire imaginaire, je ne les ai pas écoutés.

~ Comment avez-vous réalisé vous-même votre promotion ?

C’est ce qui est le plus compliqué dans l’autoédition : promouvoir tout seul son produit, alors qu’on est par construction le moins bien placé pour le faire. J’ai utilisé un certain nombre d’outils : un blog, Facebook, Twitter, des posts dans des forums, un premier tome gratuit, du bookcrossing, du placement chez quelques libraires… Mais ce qui fonctionne le mieux, c’est justement ce qu’on ne contrôle pas : l’avis des autres. C’est essentiellement aux critiques sur des sites de vente et sur des blogs de chroniqueurs ainsi qu’au bouche-à-oreilles que je dois d’avoir vu grossir ma base de lecteurs.

~ Quelle relation entretenez-vous avec vos lecteurs ? Pensez-vous en être plus proche que si vous étiez dans une maison d’édition classique ?

J’ai beaucoup d’échanges avec mes lecteurs, ce qui est assez naturel puisque notre relation débute souvent par un échange de mails où je leur envoie le tome I de la Tentation J. Je ne sais pas si j’aurais connu cette proximité en passant par une maison d’édition classique. Mais rien ne l’aurait empêchée, à mon sens.

~ Est-ce que vos résultats de vente et/ou de lecture et/ou les retours sont à la hauteur de vos attentes ? Supérieurs ? Inférieurs ?

Les chiffres de ventes ont longtemps été inférieurs. Et puis ils sont devenus en phase, parce que j’ai choisi de caler mes attentes sur mes résultats J. A ce jour, j’ai vendu à peu près 1000 livres – formats numériques et papier confondus, en 7 ans et sur 8 tomes. (Je ne compte pas les exemplaires gratuits).  Des chiffres datant de la fin de l’année dernière sont disponibles sur mon site.

Les retours positifs sont largement dominants, mais sans doute, surtout, parce qu’un lecteur à qui ça n’a pas plu ne se donne pas la peine de commenter. Mon lectorat n’est pas non plus très étendu, donc j’évite aussi les critiques négatives liées à une décorrélation entre les attentes et ce que je produis.

~ Est-ce qu’aujourd’hui, vous continuez de chercher un éditeur ? Est-ce que vous pensez en avoir besoin ou est-ce que votre situation actuelle vous convient ?

Je cherche sans chercher : je pense que ma seule façon de trouver un éditeur, désormais, est de « réussir » en autoédition. Prouver que mon lectorat existe et qu’il y a un potentiel derrière mes romans. Continuer à envoyer des manuscrits à des maisons serait inutile, les retours convergent suffisamment pour que je ne garde pas d’illusion à ce sujet.

Pourquoi continuer à chercher à entrer dans la voie classique, alors ? Parce que, en France du moins, cette voie classique reste la meilleure façon d’atteindre le plus grand nombre de lecteurs – pour le moment. Mais au pire, si cela ne fonctionne pas, j’aurai tout de même apporté quelque chose à mes deux cents lecteurs actuels. Ils me l’ont rendu au centuple, donc de toute façon, je suis déjà gagnante.

~ Avez vous de nouveaux projets autres que votre saga maintenant qu’elle est – si j’ai bien compris – terminée ?

Il me reste un dernier tome à boucler pour achever ma saga. La suite… Qui vivra verra !

~ Des petites questions plus rapides… Comment avez-vous choisi votre nom d’auteur ?

En écrivant la Tentation, dès la première mouture, j’ai eu envie d’utiliser des jeux de mots pour les noms de personnage – encore une idée piquée à Douglas Adams (et à son admirable traducteur Jean Bonnefoy). J’ai élaboré une longue liste de prénoms/noms, de type « Monsieur-Madame-ont-un-enfant. » Pour mon pseudo, j’en ai choisi un dans cette liste qui collait avec ma fonction. (Et j’avoue que j’avais, à ce moment-là, « I should be so lucky » dans la tête…^^)

~ Quel est votre auteur préféré ?

J’ai déjà largement cité Douglas Adams, donc, pour changer, Daniel Pennac. Mais je crois bien que j’ai des livres (ou des séries) préférées plutôt que des auteurs préférés.

~ Le livre que vous emporteriez sur une île déserte ?

« Au bonheur des dames », de Zola, si je n’ai pas de papier et de crayon. « Gödel, Escher et Bach – les brins d’une guirlande éternelle » de Hofstadter (encore un Douglas !) sinon.

~ Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire ?

Lire. Et connaître le plaisir de trouver le mot exact capable de communiquer avec puissance un sentiment.

~ Quel est le dernier livre que vous avez lu et qu’en avez-vous pensé ?

Mon dernier livre a été une BD de type « comics »: « Y, le dernier homme », en cours de réédition dans un format intégral. Une tuerie, de par le scénario, le dessin, le pitch, l’histoire, les personnages. Lisez-le !

~ Si vous deviez donner un conseil à tous les apprentis écrivains qui lisent cet article ?

J’ai déjà recommandé de ne pas suivre les conseils, ce qui est le plus facile qu’on puisse donner. Je n’en ai pas de meilleur. A chacun sa voie, c’est sûrement le plus grand plaisir de l’existence de la trouver. J’ajouterais simplement qu’un agent littéraire imaginaire n’est pas inutile pour prendre un peu de recul par rapport à son « travail d’écrivain ». Et puis on peut toujours le virer sans indemnités le jour où on n’en a plus besoin.

Je remercie Kylie Ravera pour cette interview riche en informations et en expériences. Personnellement, j’aime beaucoup avoir le témoignage d’auteurs auto-édités, c’est très instructif et ça fait réfléchir. Je lui souhaite bien du courage pour continuer dans sa voie !

J’espère que vous aurez apprécié lire cet article, que ce soit pour ma petite critique du roman ou l’interview de l’auteur. Avez-vous envie de lire son (ses) livres(s) maintenant ? Les avez-vous déjà lus ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? En tout cas, n’hésitez pas à lui demander son Tome 1 en ebook, elle est très gentille de le proposer gratuitement. Et puis si vous aimez : achetez les suivants !

Je vous souhaite une bonne journée, très chers lecteurs, on se retrouve très vite !

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2 comments

Camille 5 mai 2014 - 21h 46

Tiens, ça me donne bien envie de tester le premier tome… (Moi, nostalgique de la prépa ? Pas du tooooouuuuut !) Edit : ah bah c’est fait, mail envoyé XD !
En tout cas, très bon article, critique du livre très intéressante ! C’est la première fois que je viens sur ton blog, donc j’ai lu quelques articles pour l’instant et j’avoue que j’aime vraiment ta manière d’écrire =). Mais c’est pas dit que j’ai le courage de lire le reste XD !
La bise
Eliane

Reply
Cordélia Reid 5 mai 2014 - 21h 50

teste donc tu me diras si tu as aimé !
Avoue le, ça te marquera à VIE la prépa x)
Merci pour les compliments (et on est pas obligé de tout lire, heureusement xD)
A la prochaine :)

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